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Claire Guigal vit et travaille à Paris. Son travail explore l’abstraction à travers le textile avec une perspective historique, engagée et féministe. Deux apprentissages fondent son processus artistique actuel : un enseignement supérieur dans le champ de l’image – cinéma, photographie, graphisme, histoire de l’art – et un héritage artisanal transmis par une longue lignée familiale féminine. Ainsi son processus artistique peut naître de l’histoire de l’art abstrait ou préhistorique, aussi bien que de la culture populaire, de la science, de l’état du monde ou d’une technique textile. Elle fait dialoguer des domaines, des récits et des références à des arts a priori éloignés, en les rapprochant par affinités formelles, sensibles ou symboliques.
Mon travail ne nécessite aucune machine, ce travail manuel rend hommage aux racines féminines et populaires d’une création textile issue de l’artisanat. Il ne s’agit pas ici d’une démonstration de la virtuosité. J’aime le défaut, pas celui de l’inattention, ni celui du « ça ira bien comme ça », mais celui de l’irrégularité du vivant, de la surprise et du hasard. Je le trouve émouvant.
Dans sa conférence Qu’est-ce qu’un acte de création ? le philosophe Gilles Deleuze parle d’« une idée en cinéma ». Ainsi les concepts tout comme leurs expressions ne peuvent être pensés et exprimés que dans un langage spécifique à chaque médium artistique. Quand j’ai une idée, l’art textile est ma langue maternelle.
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Claire Guigal lives and works in Paris. Her work explores abstraction through textiles from a historical, socially engaged, and feminist perspective. Her current artistic process is rooted in two areas of training: a higher education in the visual arts—including film studies, photography, graphic design, and art history—and a tradition of craftsmanship passed down through a long line of women in her family. Thus, her artistic process may draw from the history of abstract or prehistoric art, as well as from popular culture, science, the state of the world, or a textile technique. She creates a dialogue between fields, narratives, and references to arts that are, at first glance, distant, bringing them together through formal, sensory, or symbolic affinities. 
My work requires no machines; this manual labor pays homage to the feminine and popular roots of textile creation rooted in craftsmanship. This is not a display of virtuosity. I love imperfection—not that of carelessness, nor that of “this will do,” but that of the irregularity of life, of surprise, and of chance. I find it moving. 
In his lecture “What Is an Act of Creation?”, philosopher Gilles Deleuze speaks of “an idea in cinema.” Thus, concepts, just like their expressions, can only be conceived and expressed in a language specific to each artistic medium. When I have an idea, textile art is my mother tongue.  
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